Partie 1 — Introduction à l’algèbre de Boole
Cours — Fondements théoriques
L’algèbre de Boole est un système mathématique utilisé pour représenter et manipuler des informations logiques. Elle est particulièrement importante en informatique et en électronique numérique, car les systèmes numériques travaillent naturellement avec deux états.
Ces deux états sont généralement représentés par 0 et 1. Selon le contexte, ils peuvent correspondre à faux/vrai, éteint/allumé, absence/présence d’un signal ou niveau logique bas/haut.
L’algèbre de Boole permet notamment de :
- modéliser des conditions logiques ;
- combiner plusieurs conditions ;
- décrire le comportement de circuits numériques ;
- simplifier des fonctions logiques ;
- préparer la conception de circuits électroniques et de systèmes informatiques.
- Une machine fonctionne lorsque son alimentation est active.
- Une alarme est déclenchée lorsque la porte est ouverte.
- Une opération est autorisée lorsque deux conditions sont simultanément vraies.
Partie 2 — Variables et valeurs booléennes
Cours — Fondements théoriques
Une variable booléenne est une variable qui ne peut prendre que deux
valeurs : 0 ou 1.
On utilise généralement des lettres comme A, B ou X
pour désigner ces variables.
| Valeur | Interprétation logique | Exemples physiques |
|---|---|---|
| 0 | Faux | Éteint, absent, désactivé |
| 1 | Vrai | Allumé, présent, activé |
Une variable peut représenter une condition. Par exemple, si A représente
« la porte est ouverte », alors A=1 signifie que la porte est ouverte et
A=0 qu’elle ne l’est pas.
V la variable « le véhicule est en marche ».
V=1: le véhicule est en marche.V=0: le véhicule est arrêté.
P : « la présence d’un étudiant est détectée » et
C : « la carte d’accès est valide ».
Déterminer les valeurs possibles de P et C et expliquer
leur signification.
Partie 3 — Opérateur logique NON
Cours — Fondements théoriques
L’opérateur NON réalise une inversion logique. Il transforme 0 en 1
et 1 en 0. Il est souvent noté par une barre au-dessus de la variable, par
¬A ou NOT A.
| A | ¬A |
|---|---|
| 0 | 1 |
| 1 | 0 |
A signifie « la porte est ouverte », alors ¬A signifie
« la porte n’est pas ouverte ».
Si A=1, alors ¬A=0.
¬A pour A=0 puis A=1.
Interpréter le résultat dans le contexte d’une machine activée/désactivée.
Partie 4 — Opérateur logique ET
Cours — Fondements théoriques
L’opérateur ET produit 1 uniquement lorsque toutes
ses entrées valent 1. Il est noté A · B, AB ou
A AND B.
| A | B | A · B |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 0 |
| 1 | 0 | 0 |
| 1 | 1 | 1 |
BadgeValide=1 ET
CodeCorrect=1. L’ouverture est donc :
A=1 et B=0. Calculer A·B.
Faire ensuite le même calcul pour A=1 et B=1.
Partie 5 — Opérateur logique OU
Cours — Fondements théoriques
L’opérateur OU produit 1 lorsqu’au moins une de ses entrées vaut 1.
Il est noté A + B ou A OR B.
| A | B | A + B |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 1 |
| 1 | 0 | 1 |
| 1 | 1 | 1 |
A+B pour les quatre combinaisons possibles de A
et B, puis comparer le résultat avec la table de vérité du ET.
Partie 6 — Expressions et fonctions booléennes
Cours — Fondements théoriques
Une expression booléenne combine des variables et des opérateurs logiques pour produire une valeur 0 ou 1. Une fonction booléenne associe à chaque combinaison d’entrées une sortie booléenne.
Par exemple :
Cette expression signifie que la sortie S est vraie si
A et B sont vrais, ou si C est vrai.
A) ou si l’utilisateur possède une autorisation spéciale (S) :
- La sortie est active si A et B sont actifs.
- La sortie est active si A ou B est actif.
- La sortie est active si A est actif et B n’est pas actif.
Partie 7 — Priorité et évaluation des opérateurs
Cours — Fondements théoriques
Pour éviter les ambiguïtés, les opérateurs booléens suivent une priorité usuelle :
- NON est prioritaire ;
- ET est ensuite évalué ;
- OU est évalué en dernier.
Les parenthèses permettent de modifier explicitement l’ordre de calcul.
est interprétée comme A + (B·C), et non comme
(A+B)·C.
A=0, B=1, C=1 :
1 + 0·1¬1 + 1·0(1+0)·1
Partie 8 — Tables de vérité
Cours — Fondements théoriques
Une table de vérité présente le résultat d’une fonction booléenne pour toutes les combinaisons possibles de ses variables d’entrée.
Pour n variables, il existe 2n combinaisons possibles. Ainsi :
- 1 variable → 2 combinaisons ;
- 2 variables → 4 combinaisons ;
- 3 variables → 8 combinaisons ;
- 4 variables → 16 combinaisons.
S=A·B+C.
| A | B | C | A·B | S=A·B+C |
|---|---|---|---|---|
| 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 0 | 0 | 1 | 0 | 1 |
| 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
| 0 | 1 | 1 | 0 | 1 |
| 1 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 1 | 0 | 1 | 0 | 1 |
| 1 | 1 | 0 | 1 | 1 |
| 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
S=A+B, puis celle de
S=¬A·B.
Partie 9 — Propriétés fondamentales de l’algèbre de Boole
Cours — Fondements théoriques
Les principales propriétés utiles à la manipulation des expressions booléennes sont :
| Propriété | ET | OU |
|---|---|---|
| Identité | A·1=A | A+0=A |
| Domination | A·0=0 | A+1=1 |
| Idempotence | A·A=A | A+A=A |
| Complémentarité | A·¬A=0 | A+¬A=1 |
| Commutativité | A·B=B·A | A+B=B+A |
| Associativité | (A·B)·C=A·(B·C) | (A+B)+C=A+(B+C) |
| Distributivité | A·(B+C)=A·B+A·C | A+B·C=(A+B)(A+C) |
A·1A+0A·¬AA+AA+A·B
Partie 10 — Lois de De Morgan
Cours — Fondements théoriques
Les lois de De Morgan permettent de transformer une négation portant sur une combinaison logique. Elles sont essentielles pour simplifier les expressions et comprendre les circuits logiques.
En pratique :
- la négation d’un ET devient un OU des négations ;
- la négation d’un OU devient un ET des négations.
¬(A+B)¬(A·B)¬(A+B+C)
Partie 11 — Simplification des expressions booléennes
Cours — Fondements théoriques
La simplification consiste à obtenir une expression logiquement équivalente, mais plus simple. Une expression simplifiée peut nécessiter moins d’opérateurs et donc conduire à un circuit plus simple.
Une démarche pratique consiste à :
- identifier les termes communs ;
- appliquer les propriétés fondamentales ;
- utiliser les lois de De Morgan lorsque nécessaire ;
- factoriser ou développer les expressions ;
- vérifier éventuellement l’équivalence avec une table de vérité.
B+¬B=1, donc :
A+A·BA·(B+¬B)A·B + A·¬B(A+B)·(A+¬B)
Partie 12 — Application : modélisation d’un problème réel
Cours — Fondements théoriques
L’algèbre de Boole permet de transformer une situation réelle en une fonction logique. La démarche générale est :
- identifier les conditions du problème ;
- attribuer une variable booléenne à chaque condition ;
- traduire les relations entre conditions avec NON, ET et OU ;
- obtenir l’expression booléenne ;
- construire sa table de vérité ;
- simplifier l’expression si possible.
T) ET si le système est activé (A), ou si le mode d’urgence
(U) est activé.
Cette expression pourra ensuite être transformée en circuit logique dans le chapitre consacré aux portes logiques.
C) et le code
est correct (K), ou si un administrateur active une autorisation
spéciale (S).
- Écrire la fonction booléenne.
- Construire sa table de vérité.
- Déterminer dans quels cas l’accès est autorisé.
Partie 13 — Évaluation : 20 QCM
Consigne : Pour chaque question, sélectionner une seule réponse. À la fin, cliquer sur « Corriger le QCM ». Le résultat est calculé uniquement dans cette page et n’est pas enregistré.